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Publié par Docteur Parissa Zandi

Dans le cadre du Carnaval des blogs - le sujet proposé est la "relation soignant - soigné"

Vaste sujet ....
j'ai pris l'option d'écrire à ce propos en une suite de plusieurs articles: tout d'abord ...
Voici le récit de mes pensées à propos de ce qui conditionne les relations soignant / soigné?

undefinedPour nous corps médical voir des patients qui viennent consulter pour avis (donc à priori des personnes qui ont des craintes ou des questions concernant leur santé), porter des soins (donc des patients qui justifient des soins du fait de leur état de santé), voir des patients dans un lit d'hôpital (donc des soucis de santé qui justifient des investigations diagnostiques, préventifs ou thérapeutiques) - voir des patients fanchement encore plus nécessiteux de soins (réanimation, soins intensifs, soins palliatifs ...) - voir même des patients qui décèdent ... celà fait partie de notre métier - de notre quotidien.

Ce qu'on souhaite - c'est d'avoir les moyens de recevoir ces patients dans un cadre digne - avec du matériel fonctionnel et approprié. C'est un minimum. 

Ce qu'on attend d'un patient c'est justement qu'il soit patient: si le médecin est en retard - le premier à en pâtir c'est lui - car celà le retarde dans toute sa chaine de consultation - ou ses chaines de consultations parce qu'il arrive qu'on ne consulte pas toute la journée au même endroit. En revanche, autant la ponctualité du médecin est souhaitée mais pas toujours possible car un examen peut demander plus de temps que prévu, parce qu'on peut avoir eu des Urgences à examiner entre deux consultations programmées - c'est la ponctualité du patient ...

Ce qu'on attend d'un patient - c'est qu'il pense un minimum pour une consultation pour avis en particulier - qu'il ai pensé à prendre ses examens précédants - et la liste des médicaments qu'il prend habituellement.


Pour les patients - c'est tout autre .... La pensée d'une maladie est une épreuve - ce n'est pas de gaité de coeur que le patient se rend chez un médecin - même s'il a RDV avec un médecin charmant sous tous rapports. Prendre RDV  chez le médecin génère un stress - l'attente dans la salle d'attente n'est pas une attente sereine - une exploration, une prise de sang, une hospitalisation encore moins ....

Tout commence donc par la prise de RDV: l'accueil du patient a toute son importance autant au téléphone que sur place. Quand il s'agit d'un acceuil dans un cabinet médical - bien évidement je pense que chaque médecin pense à la qualité de son secrétarait s'il en a un - et veille à ce que la personne ou les personnes choisies pour cette tâche soit qualifiée(s) et professionnelle(s).

Sur place l'accès du patient doit être adapté: ceci est bien évidement bien codifié pour les cabinet de ville (accès possible en brancard - ou en chaise roulante) mais bien malheureusement pas toujours prévu dans les hopitaux publiques...
Je suis ravie de constater qu'à l'Hôpital Europpéen Georges Pompidou à Paris - alors même que l'accès entre la rue et l'entrée de l'Hôpital ne demande qu'à peine 50 mètres à traverser et en légère pente déscendante -  l'administration ai prévu une sorte de voiture pour les patients qui ont du mal à se déplacer. Bien souvent l'accès de l'Hôpital est interdite aux voitures - il y a des personnes aux barrières parfois sans égard ni hospitalité qui ont des ordres et ne laissent passer personne - quand bien même une personne viendrait par ses propres moyens sans forcément en ambulance ni en vsl mais ne serait pas à même de faire la marche jusqu'au service où il se rend - ce trajet pourrait lui paraitre pire que l'Everest à grimper ou le Marathon d'Athène... eh bien ... le cas de ces personnes ce n'est assez souvent le soucis de personne car cela ne rentre dans les fonctions de personne - à moins que l'administration ai prévu!

Il arrive également des constatations combien regrettables
- le brancardage dans les hôpitaux est souvent un soucis - parce qu'il s'agit d'un métier mal rémunéré - et donc les candidats ne se précipitent pas. Mais c'est un véritable métier. Il faut avoir essayé de transporter un brancard ou un patient sur chaise roulante au travers de portes battantes, de portes d'ascenceurs pour se rendre compte qu'il faut un certain savoir faire. J'ai constaté quelques fois - non pas dans les hôpitaux et cliniques privés mais avec des ambulanciers de ville - un certain comportement très regrettable. Le patient est déposé comme un paquet de poste - la chaise roulante est reprise, les ambulanciers sont partis avec la chaise roulante ou le brancard et le patient est bien souvent en pyjama - mal en point - affalé sur une chaise et incapable de marcher .... ni dans un sens ni dans aucun sens. Le résultat aurait été le même si on vous aurait déposé le patient sur le lit d'examen - parce que les ambulanciers n'attendent pas et reprennent leur chaise parce que la chaise en question ou ze brancard en question rentabilise un maximun de déplacements de patients .... en un minimum de temps ....

- Concernant certains salariés que ce soit à l'hôpital ou dans des cliniques privés - on constate quelque fois le syndrome du salarié modèle - qui se restraint à remplir sa fonction stricto sensu - mais pas au delà. L'argument avancé est bien souvent: "je ne suis pas payé pour - cela ne rentre pas dans mes fonctions!". Si bien que c'est bien souvent le médecin qui se débrouille avec les malades en faisant fonction de tout ce qui faut sur le moment : secrétaire - prise de RDV - brancardier - aide soignante ... bien évidemment personne ne lui dit ni merci ... - ni non plus ne sera jamais payé pour.

- Concernant certains infirmiers et infirmières: combien de fois - il y a bien des années et peut être que celà a changé maintenant ... j'ai été appelé étant de garde parce qu'une infirmère ou un infirmier m'appellait le plus souvent en pleine nuit - mais ce n'est pas la question ce serait pareil en plein jour - pour : "je trouve M. Untel ou Mme Untel pas bien". Et lorsque je demandais en quoi est ce qu'il ou elle trouvait cette personne "pas bien" eh bien, il n'y avait pas de réponse objective : (vous avez pris sa température? - vous avez pris ses pulsations? - vous avez constaté un soucis de pression artérielle? - Vous semble-t-il essoufflé? - Est -ce qu' il s'est plaint de quelque chose ou semble-t-il souffrir? .... trois petits poitns ..." eh bien non! - (alors parfois tout était stable / parfois n'était pas contrôlé et on s'attendait à ce que j'en fasse la demande écrite de prise de température, pouls, pression artérielle, fréquence respiratoire ...)! "mais je le trouve pas bien!" et "pourquoi vous m'appelez si il n'y a rien d'objectif? eh bien "je me couvre au cas où". Un expression que je suis arrivée à ne pas supporter. Des comportements abhérants de soignants pour se couvrir - le médecins se doit de se déplacer parce qu'il ou elle a été appelé et la machine est lancée .... parce que bien évidemment il faut absolument chercher pour trouver un argument objectif pour trouver pourquoi le patient est constaté pas bien .... puisque l'infirmièr(e) l'a inscrite pour preuve sur le cahier de transmission .... et bonjour les examens complémentaires à mauvais escient - pour bien souvent ne rien trouver!

- Concernant certains confrères: il arrive aussi des comportements abhérants dans la communication autour d'un patient. Et ça - je dirais ce sont les limites du facteur humain ...

Ceci étant - je pense que quoi qu'en soient des conditions de travail - la relation du patient avec son médecin est une relation hautement intime. Une relation humaine avant tout - donc avec ses parts de subjectivité où interfèrent non seulement les compétances mais aussi le contact humain - le tact et peut être même les phéromones! Elle est basée sur la confiance. La confiance qu'un patient vous accorde pour vous soummettre son corps, son âme et à personne d'autre. Il fonde en vous tout son espoir. Et c'est ce qui est beau, ce qui est précieux dans ce métier. C'est à nous médecins de respecter le serment d'Hippocrate lequel nous avons tous prononcé le jour où nous avons pris ce titre de Docteur en Médecine ....

A suivre ....
 
Deuxième partie: Relation Soignant - Soigné (Carnaval des Blogs Médicaux) : d'Asclépios à Hippocrates